Dracula

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le roman de Bram Stoker. Pour le personnage de fiction, voir Comte Dracula. Pour les autres significations, voir Dracula (homonymie).

Dracula
Image illustrative de l’article Dracula
Couverture de la premiĂšre Ă©dition anglaise de 1897

Auteur Bram Stoker
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Roman fantastique
Roman Ă©pistolaire
Version originale
Langue Anglais britannique
Titre Dracula
Éditeur Archibald Constable and Company
Lieu de parution Westminster
Date de parution
Version française
Traducteur Ève Paul-Margueritte
Lucie Paul-Margueritte
Éditeur L'Édition française illustrĂ©e
Collection Romans Ă©trangers
Lieu de parution Paris
Date de parution 1920
Illustrateur Pierre Falké

Dracula est un roman épistolaire de l'écrivain britannique Bram Stoker publié en 1897. Il raconte l'histoire du comte Dracula, un vampire immortel qui se repaßt du sang des vivants et peut les transformer à leur tour en créature démoniaque.

La complexitĂ© du personnage de Dracula renouvelĂ©e par des thĂšmes modernes chers Ă  la psychanalyse comme l'association d'Éros et de Thanatos — du dĂ©sir sexuel et de la mort — ou le questionnement des limites (entre la bĂȘte et l'homme, entre la vie et la mort ou entre le Bien et le Mal
) en feront un mythe moderne que le cinĂ©ma contribuera Ă  amplifier par le biais d'adaptations.

Présentation du roman de Bram Stoker[modifier | modifier le code]

Notes manuscrites de Bram Stoker sur les personnages du roman.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Comte Dracula : Vampire rusĂ©, dissimulant sa vĂ©ritable nature, vivant dans un chĂąteau de Transylvanie. Il achĂšte une maison Ă  Londres et souhaite faire affaire avec Jonathan Harker.
  • Jonathan Harker : Jeune clerc de notaire travaillant pour le compte de M. Hawkins. Il est fiancĂ© Ă  Mina Murray. Il se rend en Transylvanie auprĂšs du comte Dracula pour affaires. LĂ , il vit un cauchemar d'enfermement mais recouvre sa libertĂ©. Dracula aura commis l'erreur de la lui laisser recouvrer.
  • Arthur « Art » Holmwood lord Godalming : FiancĂ© de Lucy et ami de John Seward et de Quincey P. Morris. Homme hardi et intĂšgre. BrisĂ© par le destin de Lucy qu'il "sauvera" de la malĂ©diction mais pas de la mort, il n'en aura que plus d'ardeur Ă  la perte de Dracula.
  • Quincey P. Morris : Un Texan, ami d’Arthur Holmwood, amoureux Ă©conduit de Lucy. Fraternel et vaillant, il ne survivra pas au combat final.
  • Wilhelmina « Mina » Murray : jeune institutrice fiancĂ©e, puis mariĂ©e, Ă  Jonathan Harker. Noble cƓur, Ăąme forte, victime du malĂ©fice duquel la mort du comte la libĂšrera. Elle assistera ses compagnons de guerre jusqu'au bout.
  • R. M. Renfield : dĂ©sĂ©quilibrĂ© mental, cependant douĂ© d'une surprenante logique et analyse, est soignĂ© par le Dr John Seward dans son hĂŽpital psychiatrique. Adorateur et victime du comte.
  • Docteur John « Jack » Seward : mĂ©decin psychologue qui dirige un hĂŽpital psychiatrique. Autre amoureux déçu de Lucy, il restera Ă  son chevet tout au long de sa maladie, luttera de tout cƓur et science avec ses compagnons.
  • Docteur Abraham Van Helsing : docteur nĂ©erlandais, professeur et ami de John Seward. Il vient au chevet de Lucy sur la demande de ce dernier. EnflammĂ©, hargneux, vouĂ© jusqu'Ă  la mort Ă  sa lutte contre le mal, il orientera ses Ă©mules aprĂšs les avoir Ă©veillĂ©s au drame en cours.
  • Lucy Westenra : Amie de Mina Murray elle se fiance avec Arthur Holmwood aprĂšs avoir rejetĂ© les demandes en mariage du docteur John Seward et de Quincey P. Morris. Victime du comte, elle devient vampire, enlĂšve des enfants qu'elle n'a pas le temps de tuer. Ses anciens compagnons lui rendent la libertĂ©, notamment lorsque son fiancĂ©, Arthur, lui enfonce un pieu dans le cƓur tandis qu'elle gĂźt dans son cercueil.

Présentation du roman[modifier | modifier le code]

Dracula n'est pas le premier roman fantastique Ă  exploiter le thĂšme du vampire. Il marque pourtant une Ă©tape cruciale dans la littĂ©rature fantastique et en particulier celle abordant le thĂšme des vampires ; le succĂšs du livre et la popularitĂ© du personnage l'attestent encore aujourd'hui. Plus que le sens du rĂ©cit et la maĂźtrise du suspense de Stoker, c'est la personnalitĂ© de son personnage principal qui fonde le mythe. Le comte Dracula, au-delĂ  de la crĂ©ature d'Ă©pouvante aux pouvoirs surnaturels, est avant tout un ĂȘtre humain damnĂ©, un non-mort, et c'est cette dimension complexe qui assure son charme.

En effet, Dracula est un monstre mais est aussi un réprouvé, un rejeté de Dieu, une personne à craindre mais aussi à plaindre. Mina Harker exhorte ses compagnons à éprouver à son endroit non de la haine mais de la pitié, ce qui n'exclut évidemment pas de la détermination pour s'en débarrasser.

« Mais ce n'est pas une Ɠuvre de haine. Le pauvre ĂȘtre qui a causĂ© toute cette souffrance est le plus malheureux de tous. Songez quelle sera sa joie Ă  lui aussi quand, son double malfaisant Ă©tant dĂ©truit, la meilleure part de lui-mĂȘme survivra, son Ăąme immortelle. Vous devez avoir pitiĂ© de lui aussi, sans que cela empĂȘche vos mains de le faire disparaĂźtre de ce monde. Â» — Bram Stoker, Dracula, chapitre 23.

Le rĂ©cit se joue donc entre l'Angleterre et la Transylvanie au XIXe siĂšcle, notamment dans un chĂąteau retirĂ© des Carpates. Se fondant sur des rĂ©cits mythologiques, Bram Stoker crĂ©e le personnage du comte Dracula, un vampire aristocratique Ă  la fois monstrueux et raffinĂ©. La premiĂšre partie du livre, qui se dĂ©roule dans le chĂąteau du comte, est magistralement teintĂ©e d'une atmosphĂšre Ă©trange et sinistre.

Le récit est épistolaire et est composé de fragments des journaux intimes et lettres des protagonistes, ainsi que d'articles de journaux. Des passages ont été retranscrits alors que ce sont des passages enregistrés au phonographe. C'est donc un récit écrit à la premiÚre personne mais qui épouse plusieurs points de vue - excepté celui du comte.

Sources de Bram Stoker[modifier | modifier le code]

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Carte autrichienne de la Transylvanie, contemporaine de Bram Stoker.

L'on ne connaĂźt pas avec certitude les documents auxquels Bram Stoker a eu accĂšs, mais le rapprochement des Ă©lĂ©ments du roman avec les ouvrages disponibles au moment de sa conception indique, selon Denis Buican, Neagu Djuvara et Marinella Lörinczi[1] que l’auteur a pu puiser aux sources suivantes

Tout d’abord le thĂšme du vampire apparaĂźt dĂšs 1819 en Angleterre, en pleine mode du roman gothique : John William Polidori (The Vampire inspirĂ© d’une idĂ©e originale de Lord Byron), Sheridan Le Fanu (Carmilla) mais aussi, en Allemagne, Karl Von Wachsmann (L’Étranger des Carpathes en 1844, avec tous les ingrĂ©dients : chĂąteau en Transylvanie, forĂȘts sombres, personnage maudit, voyageurs effrayĂ©s...) et, en France, Charles Nodier (Histoires de vampire), ThĂ©ophile Gautier (La Morte amoureuse), Paul FĂ©val (qui fait de la goule la femelle du vampire dans La Vampire de 1856) et surtout, cinq ans avant Dracula, Jules Verne (Le ChĂąteau des Carpathes)[2], sans oublier le roman de Marie Nizet : Le Capitaine Vampire[3]. De plus, Bram Stoker a rĂ©digĂ© son roman en pleine horreur mĂ©diatique suscitĂ©e par son contemporain Jack l'Éventreur, qui sĂ©vit Ă  Londres en 1888.

Le nom du comte Dracula est calquĂ© sur le surnom de deux voĂŻvodes de Valachie du XVe siĂšcle : Vlad Țepeș et son pĂšre Dracul, le « Dragon Â», ainsi appelĂ© parce qu’il Ă©tait membre de l’Ordre du Dragon ; Vlad Țepeș fut qualifiĂ© dans certains libelles, publiĂ©s par ses ennemis, de Draculea : le « Dragonneau Â». Dracul ne fut d’ailleurs pas le surnom du seul Vlad, mais aussi celui d’un autre voĂŻvode plus tardif : Mihail Ier Șuțu (1730 - 1803, rĂšgne de 1783 Ă  1795). La vie de ces voĂŻvodes valaques est dĂ©crite par des sources hostiles comme Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian Engel, publiĂ© au dĂ©but du XIXe siĂšcle, qui les prĂ©sente comme des tyrans sanguinaires, s’appuyant, gravures effrayantes Ă  l’appui, sur les libelles de leurs ennemis. Bram Stoker a pu y avoir accĂšs soit directement en librairie ou en bibliothĂšque, soit par les articles d’Ármin VĂĄmbĂ©ry, professeur Ă  l’universitĂ© de Budapest que le Dr Abraham Van Helsing (personnage du roman) cite comme ami et source de renseignements sous le nom d’Arminius Vambery.

Stoker a pu aussi avoir en mains l’une des nombreuses nouvelles du XIXe siĂšcle inspirĂ©es par la Tragica historia[4] de LĂĄszlĂł TurĂłczi, un jĂ©suite de 1729, relatant les supposĂ©es frasques sanglantes de la comtesse Élisabeth BĂĄthory (dans l’actuelle Slovaquie). Le romancier Ă©voque aussi une princesse-vampire nommĂ©e LĂ©nore, qui, selon un reportage de Klaus Steindl diffusĂ© sur la chaĂźne franco-allemande Arte[5], aurait pu ĂȘtre inspirĂ©e par les lĂ©gendes entourant ÉlĂ©onore-AmĂ©lie de Lobkowicz[6].

Puisqu’il place dans la bouche des paysans roumains des mots tels que « vrolok Â» et « vlkoslak Â», il semble que Stoker a lu les ouvrages d’Emily Gerard sur le folklore de Transylvanie, oĂč elle dĂ©crit les « vrykolakas Â» (ou « vĂąrcolac Â» : mort-vivant en roumain). Outre l’orthographe approximative, Bram Stoker rĂ©pĂšte une erreur d’Emily Gerard : Nosferatu, Ă©crivent-ils, signifierait « vampire Â» ou « non mort Â» en roumain, or dans cette langue, vampire se dit vampir et non-mort : strigoi (qui a la mĂȘme Ă©tymologie que « stryge Â») ; quant Ă  Nosferatu dont la forme roumaine est nesuferitu (littĂ©ralement « l’insupportable Â») il dĂ©signe « l’innommable Â», le dĂ©mon[7].D'ailleurs, sur les cartes disponibles Ă  l’époque, Stoker a cherchĂ© les noms des lieux oĂč Vlad Țepeș et ses contemporains ont fait campagne, et comme la Transylvanie Ă©tait alors autrichienne, dans le roman les noms de lieux sont donnĂ©s dans leur forme allemande : cela a peut-ĂȘtre contribuĂ© au succĂšs que le personnage de Dracula et son avatar Nosferatu connurent en milieu germanophone. Enfin, la zoologie de l’époque avait dĂ©jĂ  portĂ© Ă  la connaissance d’un public friand d’animaux exotiques, l’existence en AmĂ©rique du Sud d’une famille de chauves-souris hĂ©matophages, aussitĂŽt baptisĂ©es « vampires Â»[8].

ThĂšmes notables[modifier | modifier le code]

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L'intrigue de Dracula se dĂ©roule dans l'univers contemporain de Bram Stoker. Ce point est largement ignorĂ© de la plupart des adaptations postĂ©rieures du roman, qui continuent de situer l'intrigue au XIXe siĂšcle, occultant ainsi cet aspect sĂ©mantique majeur.

Dracula et la science[modifier | modifier le code]

Deux figures du scientifique[modifier | modifier le code]

Dracula oppose le comte vampire et son adversaire, Abraham Van Helsing, sur de nombreux points, dont celui de l'utilisation de la science : au portrait du connaisseur qui n'apprĂ©hende le savoir que comme un moyen de servir ses propres intĂ©rĂȘts, s'oppose celui du chercheur qui met son savoir au service de l'humanitĂ© et qui reste ouvert Ă  toutes les hypothĂšses, probables ou non.

Dracula, quand il Ă©tait mortel, Ă©tait en effet savant, comme le rappelle Van Helsing : « il Ă©tait de son vivant un homme remarquable, guerrier, homme d'État, alchimiste ; et l'alchimie reprĂ©sentait alors le plus haut degrĂ© de la science. Il avait une puissante intelligence, une culture sans Ă©gal Â» (p. 492). AprĂšs sa mort physique, le comte a gardĂ© ce goĂ»t du savoir. L'importance accordĂ©e Ă  la description de sa bibliothĂšque, qui apparaĂźt comme une piĂšce importante du chĂąteau du comte, atteste ce goĂ»t, au demeurant pour des domaines diversifiĂ©s : « histoire, gĂ©ographie, politique, Ă©conomie, botanique, gĂ©ologie, droit Â» (p. 60). Mais cette soif de connaissance, qui concerne en premier lieu l'Angleterre, est consacrĂ©e Ă  des fins malĂ©fiques : il s'agit pour le comte d'approfondir ses connaissances dans le but de dominer, et ce au profit d'un seul ĂȘtre : lui-mĂȘme.

Van Helsing est lui aussi un grand scientifique ; son ancien Ă©lĂšve, le docteur Seward, parle de lui en ces termes : « C'est en mĂȘme temps un philosophe et un mĂ©taphysicien – rĂ©ellement un des plus grands savants de notre Ă©poque Â» (p. 199). Mais contrairement au comte, ce chercheur met sa connaissance au profit des autres, « pour le bien de l'humanitĂ© Â» (p. 200). Il transmet ainsi son savoir, puisqu'il l'enseigne ; plus largement, son dĂ©sir de venir Ă  bout du comte-vampire est mĂ» par la volontĂ© de sauver le monde. Outre cette gĂ©nĂ©rositĂ©, il est dotĂ© d'une remarquable ouverture d'esprit puisqu'il reste ouvert Ă  toutes les branches du savoir, dont celles qui ne connaissent pas encore de vĂ©rification scientifique – et dont le vampirisme fait partie.

Les références scientifiques[modifier | modifier le code]

Stoker place dans la bouche de Van Helsing des rĂ©fĂ©rences aux thĂ©ories criminologiques de l'Ă©poque, notamment celles de Cesare Lombroso qui considĂšre que le criminel est, sous bien des aspects, un ĂȘtre infantile. Ainsi, l'intelligence de Dracula est surtout empirique, peu inventive et rĂ©pĂ©titive. Il tire certes les leçons de ses erreurs et perfectionne son modus operandi, ce qui ne laisse pas d'effrayer Van Helsing qui insiste sur le fait qu'il faut se dĂ©barrasser du monstre avant qu'il ne devienne rĂ©ellement invulnĂ©rable (son intelligence progresse car, au moment de l'action du livre, il vit pour la premiĂšre fois dans une ville peuplĂ©e, en l'occurrence Londres, riche et complexe au niveau des interactions humaines). Mais, en mĂȘme temps, son action s'inscrit toujours dans un mĂȘme scĂ©nario, ce qui rend son action prĂ©visible Ă  ceux qui savent vraiment rĂ©flĂ©chir. Quand il Ă©choue (que ce soit contre les Turcs au xve siĂšcle dans l'Empire ottoman, ou contre Van Helsing Ă  Londres), il se replie vers son chĂąteau pour, de lĂ , prĂ©parer une riposte. C'est ce qui permettra Ă  Van Helsing et ses compagnons de le supprimer.

Dans le roman, il est également question d'hypnose, de transfusions sanguines et des théories de Max Nordau sur la dégénérescence sociale.

Paradoxalement, la puissance explicative de la science est remise en cause par le professeur Van Helsing lui-mĂȘme: "C'est bien lĂ  le dĂ©faut de la science: elle voudrait tout expliquer; et quand il lui est impossible d'expliquer, elle dĂ©clare qu'il n'y a rien Ă  expliquer" (p. 321)[9]

Le thĂšme de la folie[modifier | modifier le code]

Ce thĂšme, repris dans de nombreuses adaptations postĂ©rieures, est central dans le roman de Stoker. L'un des personnages, le docteur Seward, est en effet le directeur d'un asile psychiatrique, en l'occurrence celui qui jouxte la demeure que Dracula a achetĂ©e en Angleterre, Carfax. Le mystĂšre de la folie s'ajoute au mystĂšre inhĂ©rent Ă  la littĂ©rature fantastique et l'amplifie : l'un des patients de l'hĂŽpital, Renfield, est Ă©galement aux ordres du prince des tĂ©nĂšbres. Mais davantage que le spectacle de la folie, c'est la frontiĂšre entre la folie et la raison qui est ici mise en avant : Renfield a, ainsi, des Ă©clairs de luciditĂ© qui le placent au-dessus des autres personnages qui, eux, ne perçoivent pas le danger contre lequel le fou les met en garde. Par ailleurs, aprĂšs sa mĂ©saventure dans le chĂąteau du comte, Jonathan Harker a le sentiment de basculer dans la folie ; seule la rĂ©vĂ©lation de l'existence rĂ©elle des vampires le guĂ©rira de sa crainte. L'exploitation de ce thĂšme s'inscrit dans une perspective moderniste puisque le roman de Bram Stoker est contemporain des premiĂšres Ă©tudes de Sigmund Freud[10].

Résumé par chapitre[modifier | modifier le code]

Chapitre 1[modifier | modifier le code]

Le Chapitre I est tirĂ© des articles du 3 mai et 5 mai du Journal de Jonathan Harker, en voyage d'affaires en Europe de l'Est, qui dĂ©crit son pĂ©riple Ă  travers l'une des rĂ©gions les plus isolĂ©es de l'Europe. Il part Ă  la rencontre d’un noble de Transylvanie, le comte Dracula. On apprend, grĂące au titre de l'article du journal de Jonathan, que ce dernier Ă©crit depuis Bistritz (Bistrița) (dans ce qui est aujourd'hui la Roumanie). Deux jours avant, il Ă©tait Ă  Munich ; la veille, Ă  Vienne. À mesure qu'il s'aventure vers l'Est, le pays devient plus sauvage et moins moderne. Jonathan Harker rapporte ses observations du peuple et de la campagne, de leurs costumes et coutumes. Au vieil hĂŽtel dĂ©modĂ© de Bistritz oĂč il sĂ©journe avant la derniĂšre Ă©tape du voyage, une lettre de Dracula l'attend. Jonathan se repose avant de partir, le lendemain, pour le col de Borgo (col de Tihuța), oĂč l'attendra la voiture du comte.

Le propriĂ©taire de l'hĂŽtel et son Ă©pouse sont visiblement affligĂ©s par les intentions de Jonathan de vouloir aller au chĂąteau de Dracula. Bien qu'ils ne puissent comprendre leurs langues respectives et doivent communiquer en allemand, l'aubergiste essaye passivement d'arrĂȘter Jonathan en feignant de ne pas comprendre ce qu'il dit. Son Ă©pouse essaye plus agressivement de dissuader Jonathan, l'avertissant que le lendemain est le jour de Saint-Georges et qu'Ă  la veille de la Saint-Georges, Ă  minuit, le Mal est Ă  son apogĂ©e. Quand il insiste sur son devoir professionnel, elle lui offre son crucifix, que ce dernier refuse dans un premier temps (car il est de religion anglicane, et y voit de l'idolĂątrie), avant d'accepter le prĂ©sent.

Avant que Jonathan ne parte, il remarque qu'un certain nombre de paysans l'observent avec apprĂ©hension. Bien qu'il ne puisse pas comprendre beaucoup de leur discussion, il discerne des mots tels que "Satan" ["ordog"], "SorciĂšre" ["stregoĂŻca"], "Enfer" ["pokol"], "Loup-garou" ["vrolok"] et "Vampire" ["vlkodlak"] (ces deux derniers termes s'inspirent visiblement des superstitions balkaniques au sujet des Vrykolakas). Les paysans se signent sur son passage et font d'Ă©tranges signes censĂ©s protĂ©ger du "mauvais Ɠil". Sur le trajet de la diligence, ses compagnons de voyage, en apprenant oĂč il va, le traitent avec la mĂȘme sorte de sympathie prĂ©occupĂ©e, lui donnant des cadeaux et le protĂ©geant avec des charmes.

Le trajet se dĂ©roule dans un beau et sauvage paysage. Le cocher parvient au col de Borgo avec une heure d'avance et dans le plus mauvais allemand, il essaye alors de convaincre Jonathan que le cocher de Dracula pourrait ne pas venir ce soir et qu'il devrait poursuivre avec le reste des voyageurs jusqu'en Bucovine. À ce moment, un cocher au regard effrayant arrive sur une calĂšche tirĂ©e par « quatre chevaux [...] splendides, d'un noir de charbon Â». Un des voyageurs murmure alors Ă  son voisin, un vers de Leonore de BĂŒrger (« Car les morts vont vite... Â» [« Denn die Toten reiten schnell... Â»]), que le nouveau venu entend et appuie d'un sourire Ă©trange qui fait peur au dit voyageur qui se dĂ©tourne en faisant le signe de croix. Le cocher fait alors passer les valises de Jonathan de la diligence Ă  la calĂšche. La derniĂšre partie du voyage est terrifiante. La lune, claire, est parfois obscurcie par des nuages, et des flammes bleues apparaissent dans les bois environnants. De plus, des loups suivent la diligence du jeune notaire. À plusieurs reprises, le cocher quitte la voiture, et alors les loups se rapprochent de plus en plus. Chaque fois que ce dernier revient, les loups fuient et la derniĂšre fois que ce phĂ©nomĂšne se produit, il semble que les loups fuient sur l'ordre du conducteur lui-mĂȘme. Le chapitre se termine sur l'apparition du chĂąteau de Dracula, ses remparts en ruine se coupant en dents de scie contre le ciel de nuit.

Chapitre 2[modifier | modifier le code]

TirĂ© des articles du 5, 7 et 8 mai du Journal de Jonathan Harker. Jonathan est dĂ©posĂ© au grand ChĂąteau de Dracula, oĂč il est accueilli par le Comte lui-mĂȘme. Le comte est « un grand vieillard, rasĂ© de prĂšs, si l'on excepte sa longue moustache blanche, et vĂȘtu de noir des pieds Ă  la tĂȘte [
] mains aussi froides que de la glace, elles ressemblaient davantage aux mains d'un mort qu'Ă  celles d'un vivant. [...] elles Ă©taient grossiĂšres : larges, avec des doigts courts et gros. [
] le milieu des paumes Ă©tait couvert de poils. Toutefois, les ongles Ă©taient longs et fins, taillĂ©s en pointes Â». Dracula montre sa chambre Ă  Jonathan avant de le conduire Ă  une salle Ă  manger oĂč l'attend un excellent dĂźner, auquel le Comte ne touche pas. Jonathan observe soigneusement son hĂŽte : « [
] nez aquilin lui donnait vĂ©ritablement un profil d'aigle : le front haut, bombĂ©, les cheveux rares aux tempes mais abondants sur le reste de la tĂȘte ; des sourcils broussailleux se rejoignant presque au-dessus du nez, et leurs poils, tant ils Ă©taient long et touffus donnaient l'impression de boucler. La bouche [..] avait une expression cruelle, et les dents, Ă©clatantes de blancheur, Ă©taient particuliĂšrement pointues ; elles avançaient au-dessus des lĂšvres dont le rouge vif annonçait une vitalitĂ© extraordinaire chez un homme de cet Ăąge. Mais les oreilles Ă©taient pĂąles, et vers le haut se terminaient en pointe ; le menton, large, annonçait, lui aussi, de la force, et les joues, quoique creuses, Ă©taient fermes. Une pĂąleur Ă©tonnante [...] Â». À un moment, le comte se penche vers le clerc anglais et le touche, lui provoquant un haut-le-cƓur.

Dracula prend plaisir Ă  Ă©couter les hurlements des loups retentissant dans la vallĂ©e. Les deux hommes sont toujours Ă©veillĂ©s Ă  la venue de l'aube, quand Dracula prend congĂ© et dit Ă  Jonathan de bien dormir et aussi longtemps qu'il le souhaite, vu que le comte doit s'absenter jusque tard dans l'aprĂšs-midi. Jonathan dort jusqu'Ă  trĂšs tard dans la journĂ©e, se rĂ©veillant en dĂ©but de soirĂ©e pour prendre son petit dĂ©jeuner. Un repas complet l'attend dans la salle Ă  manger. Dracula est introuvable, mais une note dit Ă  Jonathan de finir de petit-dĂ©jeuner et d'attendre le retour du Comte. La demeure semble avoir des dĂ©fauts particuliers : il n'y a aucun domestique, bien que les extraordinaires meubles et le service de table montrent que le Comte est incroyablement riche. Il n'y a aussi aucun miroir nulle part. Jonathan erre dans une Ă©norme bibliothĂšque, oĂč il trouve beaucoup de livres en anglais, « traitant des sujets les plus divers : histoire, gĂ©ographie, politique, Ă©conomie politique, botanique, gĂ©ologie, droit Â». Le comte le trouve lĂ  et l'assaille de questions relatives Ă  l'Angleterre. Il dĂ©sire aussi parler avec Jonathan pour qu'il puisse amĂ©liorer son anglais, qu'il a appris jusqu'ici seulement Ă  travers les livres ; son dĂ©sir est de n'ĂȘtre rien moins qu'Ă  l'aise pour pouvoir se fondre parmi les Anglais. Le comte l’autorise Ă  vagabonder dans le chĂąteau oĂč bon lui semble, mais lui interdit les piĂšces fermĂ©es Ă  clef dont il lui dit qu'il n'aurait pas envie d'y pĂ©nĂ©trer. À travers la sociĂ©tĂ© pour laquelle Jonathan travaille, le comte planifie d'acheter un grand domaine anglais appelĂ© Carfax. Carfax est une gigantesque demeure, semblable au chĂąteau, construite de lourdes pierres sur un grand terrain. Elle est aussi proche d'un « hospice pour aliĂ©nĂ©s Â» ; bien que Jonathan, comme tout bon homme d'affaires qui se respecte, indique que l'hospice n'est pas visible de la maison. Les deux hommes s'entretiennent derechef lors du dĂźner, le comte ne se sustentant toujours pas. AprĂšs quoi les deux hommes continuent Ă  parler, Dracula lui posant d'innombrables questions sur l'Angleterre, jusqu'Ă  ce qu'une fois de plus, l'aube se montre et le comte mette fin Ă  la discussion et prenne congĂ©. Jonathan se retire dans sa chambre, dort seulement quelques heures, puis constate l'absence de tout miroir dans la piĂšce, voire dans le chĂąteau. L'Anglais utilise donc son propre petit miroir afin de se raser, sans entendre Dracula s'approcher derriĂšre lui. Surpris par la prĂ©sence du comte, Jonathan se coupe avec son rasoir puis constate que le miroir ne reflĂšte pas l'image de son hĂŽte. En voyant le sang couler de la coupure, le comte surexcitĂ© saisit brusquement Jonathan Ă  la gorge mais se ressaisit sur-le-champ lorsque sa main touche les perles du crucifix du jeune Anglais. Dracula avertit alors le jeune homme qu'il est dangereux de se couper avant de jeter le miroir par la fenĂȘtre.

Jonathan se rend Ă  la salle Ă  manger oĂč le petit dĂ©jeuner l'attend. Le comte est absent. Jonathan erre autour du chĂąteau et il apprend que le chĂąteau est construit sur le « rebord mĂȘme d'un prĂ©cipice impressionnant Â». Sur le cĂŽtĂ© sud, l'Ă -pic est d'au moins mille pieds. Continuant Ă  errer, Jonathan se rend compte que toutes les sorties du chĂąteau ont Ă©tĂ© verrouillĂ©es et qu'il est prisonnier.

Chapitre 3[modifier | modifier le code]

TirĂ© des articles du 8, 12, 15 et 16 mai du Journal de Jonathan Harker. Quand Jonathan se rend compte qu'il est pris au piĂšge, il est enfin en mesure de rĂ©aliser le danger qui pĂšse sur lui. Il dĂ©cide de ne rien dire au comte, qui en est manifestement responsable, mais il l'espionne tandis qu'il fait le lit et met la table pour le dĂźner. Ses soupçons quant Ă  l'absence de tout domestique sont confirmĂ©s et Jonathan se demande si le cocher n'Ă©tait pas aussi le comte Dracula dĂ©guisĂ©. Il craint son pouvoir de se faire obĂ©ir des loups et les cadeaux des paysans (« la petite croix (le crucifix)), la gousse d'ail, la rose sauvage sĂ©chĂ©e et la cendre de montagne ("mountain ash" qui d'ailleurs ne fut pas traduit dans la version française) font naĂźtre en lui une petite sensation de rĂ©confort.

Cette nuit-lĂ , Dracula retrace l'histoire du pays et de la famille Dracula, les histoires de guerres et de batailles contre les Turcs, avec le peuple de Transylvanie uni sous un des ancĂȘtres de Dracula.

Couverture de Dracula, Ă©dition anglaise de 1901.
Jonathan Harker aperçoit le comte ramper le long du mur du chùteau.

Plus tard, le comte interroge Jonathan au sujet de la conduite de l'affaire en Angleterre, en particulier sur la maniĂšre dont il pourrait s'y prendre pour transporter des marchandises entre la Transylvanie et Carfax. Il dit Ă  Jonathan qu'il devrait rester au chĂąteau pendant un autre mois pour aider le comte Ă  s'occuper de ses intĂ©rĂȘts d'affaires et bien que Jonathan soit terrifiĂ© Ă  la pensĂ©e de ce mois supplĂ©mentaire, il se rend compte qu'il doit se soumettre. Non seulement est-il un prisonnier, mais de plus il estime toujours qu'il en va de l'intĂ©rĂȘt de son employeur, Peter Hawkins. Le comte se permet aussi de censurer les lettres de Jonathan, qui ne doit parler que d'affaires. Jonathan dĂ©cide d'Ă©crire sur le papier fourni pour l'instant, mais Ă©crira plus tard des lettres pleines de secrets Ă  sa fiancĂ©e, Mina (en stĂ©nographie), et Ă  son patron. Il tente aussi de trouver un moyen d'envoyer des lettres secrĂštement. Au moment oĂč le comte prend congĂ©, Jonathan se met Ă  fouiner dans la correspondance du comte et dĂ©couvre qu’il correspond avec « Samuel F. Bellington, no 7, The Crescent, Whitby ; Herr Leutner, Varna ; Coutts & C°., Londres ; et Herren Klopstock & Billreuth, banquiers Ă  Budapest Â». Avant qu'il puisse dĂ©couvrir quoi que ce soit, le comte revient et lui conseille de ne jamais s'endormir dans aucune autre piĂšce ou chambre que ses propres appartements. Cette nuit-lĂ , en regardant en bas du vaste espace ouvert sur le cĂŽtĂ© sud du chĂąteau, Jonathan voit le comte ramper le long du mur, la tĂȘte en bas.

Une nuit plus tard, il observe que le comte quitte le chĂąteau par cette voie. Il profite de l'opportunitĂ© pour explorer l'endroit, poussant son chemin jusqu'Ă  une porte tombĂ©e de ses gonds. Il dĂ©couvre une aile du chĂąteau vaste et inexplorĂ©e, tombant en ruine et pleine de meubles mangĂ©s aux mites et dĂ©labrĂ©s. Ne tenant pas compte de l'avertissement du comte, il s'y endort et fait un rĂȘve, qui ne peut pas ĂȘtre un simple rĂȘve, de trois belles femmes qui entrent dans la chambre et discutent de qui allait l'« embrasser Â» la premiĂšre. Jonathan est simultanĂ©ment rempli de crainte et de dĂ©sir et ne bouge pas, mais continue Ă  observer les femmes, les yeux mi-clos. L'une d'elles se penche sur lui et commence Ă  le mordre au cou, quand le comte apparaĂźt tout Ă  coup et les repousse. OutragĂ© (ou indignĂ© - cela reste confus), le comte dĂ©clare que Harker lui appartenait mais leur promet aussi qu'elles pourront l'avoir une fois qu'il en aura terminĂ© avec lui ; puis il leur donne un petit sac qui gĂ©mit comme si un enfant Ă©tait Ă  l'intĂ©rieur. HorrifiĂ©, Jonathan perd connaissance.

Chapitre 4 Ă  27 et Ă©pilogue[11][modifier | modifier le code]

L'Invité de Dracula[modifier | modifier le code]

Article dĂ©taillĂ© : L'InvitĂ© de Dracula.

Ce texte (Dracula's Guest), non repris dans l'édition originale, n'a été publié avec le reste du roman qu'en 1914, aprÚs la mort de Bram Stoker. Il était censé constituer le premier chapitre du livre. Il raconte la premiÚre étape du voyage de Jonathan Harker vers la Transylvanie, à Munich et dans ses environs, lors de la nuit de Walpurgis. Il fait alors sa premiÚre rencontre avec le surnaturel.

Héritage littéraire[modifier | modifier le code]

AprĂšs le succĂšs du roman de Stoker, le personnage de Dracula devint l'un des plus vigoureux mythes modernes, donnant naissance Ă  une riche littĂ©rature fantastique autour du thĂšme des vampires. Dans un article intitulĂ© Les Avatars de Dracula dans la littĂ©rature contemporaine[12], Jean Marigny retrace l'histoire de cette littĂ©rature qui s'est dĂ©veloppĂ©e depuis la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle et qui a su Ă©pouser des genres littĂ©raires fort diversifiĂ©s et parfois inattendus : fantastique, bien entendu, mais Ă©galement Ă©rotique, historique, policier, science-fiction, parodie, et mĂȘme jeunesse. La qualitĂ© de ces Ă©crits est extrĂȘmement variable. Certaines Ɠuvres prĂȘtent nĂ©anmoins au cĂ©lĂšbre vampire une complexitĂ© intĂ©ressante, et rĂ©vĂšlent le conflit qu'il incarne entre Éros et Thanatos, construisant un personnage tourmentĂ©, damnĂ©.

Gérard Lopez en fait l'archétype du pervers qui réifie sa proie au niveau interpersonnel, familial, amoureux ou social dans son ouvrage Le Vampirisme au quotidien (2001).

Une suite Dracula l'Immortel a Ă©tĂ© Ă©crite par l’arriĂšre-petit-neveu de Bram Stoker, Dacre Stoker, et un ami passionnĂ© Ian Holt. C'est la seule Ɠuvre littĂ©raire Ă©crite aprĂšs la mort de Bram Stoker qui soit soutenue par la famille de l'auteur.

Le prequel Dracula, les origines écrit par Dacre Stoker et J.D. Barker, racontant les origines de Dracula et s'inspirant de la vie de Bram Stoker, a été publié fin 2018.

Adaptations du roman au cinéma[modifier | modifier le code]

Article dĂ©taillĂ© : Liste des films avec Dracula.

Si certains films adaptent l'Ɠuvre de Stoker plus ou moins fidĂšlement ainsi que l'adaptation thĂ©Ăątrale d'Hamilton Deane (c'est le cas du film de Tod Browning), d'autres modifient l'intrigue et les caractĂ©ristiques des personnages, y compris leurs noms. Il existe environ 200 films dans lesquels Dracula tient le rĂŽle principal, ce qui en fait une des figures cinĂ©matographiques les plus populaires. Les adaptations du roman sont :

Dracula[modifier | modifier le code]

Paul Askonas dans le rĂŽle de Drakula dans Drakula halĂĄla de KĂĄroly Lajthay (1921).

La premiĂšre adaptation du livre de Bram Stoker (et le premier film traitant du thĂšme du vampire) s'intitule Drakula halĂĄla de KĂĄroly Lajthay en 1921 (1923 est parfois avancĂ©, mais il semble que ce soit une ressortie)[13] par Karoly Lajthay, avec Margit Lux et Paul Askonas. Deux annĂ©es avant le film de Murnau, ce film hongrois, rĂ©alisĂ© sans l'autorisation de la veuve de Bram Stoker, a Ă©tĂ© tout d'abord considĂ©rĂ© comme Ă©tant la premiĂšre adaptation cinĂ©matographique du roman. Des dĂ©couvertes plus rĂ©centes semblent indiquer que ce n'est pas le cas. Ce film est aujourd'hui considĂ©rĂ© comme perdu[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Nosferatu de Murnau[modifier | modifier le code]

Nosferatu le vampire ((de) Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) rĂ©alisĂ© par Friedrich Murnau en 1922 est la deuxiĂšme adaptation - officieuse - du roman de Stoker. Murnau chercha Ă  Ă©viter de payer les droits d'auteur et Ă  cette fin changea le nom de tous les personnages ainsi que la localisation de l'intrigue. Ceci n'empĂȘcha pas l'hĂ©ritiĂšre, Florence Stoker, de l'attaquer en justice et d'obtenir la destruction des nĂ©gatifs originaux ainsi que la plupart des copies, ce qui ne fut pas fait.

Ce premier Nosferatu a fait l'objet d'un remake spĂ©cifique : Nosferatu, fantĂŽme de la nuit de Werner Herzog en 1979 avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani et Bruno Ganz.

Bela Lugosi jouant Dracula en 1931 : son habillement Ă©voque la mise des aristocrates austro-hongrois du XIXe siĂšcle.

Dracula de Tod Browning[modifier | modifier le code]

Dracula est un film de 1931 rĂ©alisĂ© par Tod Browning, avec Bela Lugosi qui joue pour la premiĂšre fois Dracula. Le scĂ©nario du film de Browning n'est pas une adaptation directe du roman de Stoker, mais de la piĂšce d'Hamilton, dans laquelle Lugosi (Dracula) et Edward Van Sloan (Van Helsing) jouaient dĂ©jĂ . Gregory A. Waller[14] souligne cependant que dans l'adaptation cinĂ©matographique ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es des scĂšnes de Stoker qui avaient Ă©tĂ© omises par Deane pour des raisons pratiques essentiellement ; le voyage en mer, par exemple. L'auteur souligne Ă©galement une duotomie, introduite dans le film, entre Reinfield et Dracula, le premier ne parvenant pas Ă  s'intĂ©grer Ă  la sociĂ©tĂ© transylvanienne tandis que le second fait montre d'une sociabilitĂ© absente.

Une version en langue espagnole fut réalisée par George Melford et Enrique Tovar Avalos avec Carlos Villarias et Lupita Tovar.

Le Cauchemar de Dracula[modifier | modifier le code]

En 1958, Terence Fisher rĂ©alise Le Cauchemar de Dracula (Dracula) avec Christopher Lee l'un des acteurs les plus reprĂ©sentatifs du rĂŽle de Dracula. Le film prĂ©sente une version plus gothique de l'Ɠuvre. Hammer Films produisit ensuite une dizaine de films autour du personnage de Dracula, tous interprĂ©tĂ©s par Christopher Lee.

Dracula et ses femmes vampires[modifier | modifier le code]

Dracula et ses femmes vampires (Dracula) réalisé en 1973 par Dan Curtis avec Jack Palance et Simon Ward. C'est cette adaptation qui mettra pour la premiÚre fois en avant l'idée du vampire confronté à la réincarnation de son amour perdu, qui sera exploité plus tard dans l'adaptation de Francis Ford Coppola.

Dracula de John Badham[modifier | modifier le code]

Dracula rĂ©alisĂ© en 1979 par John Badham avec Frank Langella et Laurence Olivier. Cette version prend comme point de dĂ©part le voyage de Dracula vers les cĂŽtes anglaises Ă  bord du Demeter, Ă©pisode qui se situe initialement au centre de l'intrigue. Alors qu'elle se promĂšne sur la plage, Mina, qui est ici la fille de Van Helsing, dĂ©couvre le corps inconscient du comte, unique survivant du naufrage du bateau. Dracula sera ensuite introduit auprĂšs des personnes de son entourage : le Dr Seward, ami de son pĂšre, Lucy Seward et son fiancĂ©, Jonathan Harker. Mina, puis Lucy, succomberont rapidement aux charmes du comte. Le Dracula qui est ici mis en scĂšne est trĂšs sensuel et distinguĂ© ; il fait par ailleurs preuve d'une certaine humanitĂ© puisqu'il lui est possible de tomber amoureux. L'action est dĂ©placĂ©e dans les annĂ©es 1910, ce qui accentue encore le dĂ©calage entre une Angleterre rĂ©solument moderne et les valeurs passĂ©istes que porte le comte.

Dracula de Francis Ford Coppola[modifier | modifier le code]

En 1992, sort le film de Francis Ford Coppola, sur un scĂ©nario de James V. Hart : Dracula ((en) Bram Stoker's Dracula) avec dans le rĂŽle-titre Gary Oldman, accompagnĂ© de Winona Ryder, Keanu Reeves et Anthony Hopkins. Ce film, qui est sans doute celui qui suit le plus prĂšs l'Ɠuvre de Stoker, prend, toutefois, de nombreuses libertĂ©s.

Dracula Untold[modifier | modifier le code]

Dracula Untold, réalisé en 2014 par Gary Shore avec dans le rÎle principal Luke Evans retrace l'histoire du prince Vlad III et de son épouse Mirena, juste avant qu'il ne devienne Vampire. Le scénario de Matt Sazama et Burk Sharpless souligne la dualité entre le bien et le mal, un héros qui devient démon pour sauver les siens.

Adaptations théùtrales[modifier | modifier le code]

On a peu vu le roman porté à la scÚne. On peut toutefois noter Dracula, adaptation de Denis Leddet et Christian Lutz, scénographie de Patrick de Longrée, qui a été représentée en 2007 dans le cadre des ruines de l'abbaye de Villers-la-Ville, à l'occasion de l'été théùtral de Villers-la-Ville. Il y'a aussi eu une adaptation sous forme de comédie musicale en France en 2011 intitulée Dracula, l'amour plus fort que la mort, réalisé par Kamel Ouali. On compte aussi une adaptation en comédie musicale au Québec, Entre l'amour et la mort, avec dans le rÎle-titre le chanteur canadien Bruno Pelletier, en 2006.

Adaptations radiophoniques[modifier | modifier le code]

En 2014, le roman de Bram Stoker a été adapté par Stéphane Michaka sous la forme d'un concert fiction avec l'Orchestre National de France, sur une partition originale de Didier Benetti[15].

Adaptations en bande dessinée[modifier | modifier le code]

Le roman fait l'objet, au fil des annĂ©es, de nombreuses adaptations ou Ă©vocations en bande dessinĂ©e, qu'il s'agisse d'adapter directement le roman de Stoker ou — le plus souvent â€” de faire simplement apparaĂźtre le personnage du comte Dracula. Le vampire devient entre autres un personnage rĂ©current de Marvel Comics : entre 1972 et 1979, il est le personnage principal de la sĂ©rie Tomb of Dracula qui se prĂ©sente comme une suite du roman de Stoker puisque Dracula y affronte une Ă©quipe de chasseurs de vampires dirigĂ©e par Quincy Harker, le fils de Jonathan et Mina Harker. En 1987, l'Italien Guido Crepax signe avec l'album Comte Dracula une adaptation fidĂšle du roman d'origine[16].

En 2013, dans le numéro 177 de Super Picsou Géant, est publiée en France une parodie de Dracula (plus exactement de la version cinématographique de F. Ford Coppola), scénarisée par Bruno Enna et dessinée par Fabio Celoni (pour laquelle il a gagné le Prix Micheluzzi de la meilleure série au dessin non réaliste): "Dracula de Bram Topker". Dracula y transforme ses victimes en légumes (pour aspirer leur substance vitale) en leur susurrant à l'oreille des recettes de cuisine à base de jus de betterave. Chaque personnage du film ou du roman y est incarné par un héros de l'univers Disney: Mickey devient Johnathan Ratker, Minnie Minnina, Clarabelle Clara Lucilla, Dingo Van Helsing, etc.

Adaptations poétiques[modifier | modifier le code]

Si Dracula a été adapté de nombreuses fois par le cinéma, il n'est pas un personnage poétique par excellence. On note cependant l'existence d'une adaptation en alexandrins du roman de Bram Stoker par Colin Marais (en 2014).

Le Dracula de Bram Stoker, la Roumanie et l'Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Le roman de Bram Stoker et la filmographie des annĂ©es 1920 et 1930 Ă©taient trĂšs peu connus en Roumanie, et durant les cinquante annĂ©es de 1939 Ă  1989 : la censure d'abord nationaliste, puis communiste ont empĂȘchĂ© la diffusion des Dracula occidentaux en Roumanie, oĂč le personnage de Vlad Țepeș, Ă©rigĂ© en hĂ©ros patriotique, Ă©tait intouchable[17],[18],[19].

AprĂšs 1989 et l'avĂšnement de la libertĂ© de communication et d'expression, de nombreux roumains dĂ©couvrent le personnage de Bram Stoker. Aussi Dracula, associĂ© ou non Ă  Vlad Țepeș et Ă  diffĂ©rents lieux (notamment en Transylvanie), est-il devenu un « objectif touristique majeur Â». Auberges, chĂąteaux divers (dont celui des Habsbourg Ă  Bran, prĂšs de Brașov), ruines, cols, villes (Curtea de Argeș, TĂąrgoviște, Sighișoara et Bucarest) se disputent sa naissance et ses sĂ©jours. Toutes sortes d'objets l'Ă©voquent : il est vendu en peluches Ă  l'aĂ©roport international de Bucarest.

Hors de Roumanie, des films tels La Dette de John Madden, mettent en scĂšne une Europe de l'Est sombre et "vampirique", oĂč l'on peut reconnaĂźtre l'ambiance auparavant dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ©e dans les productions cinĂ©matographiques inspirĂ©es par le roman de Bram Stoker[20],[21]. Enfin la carte Eurovoyageur pour scolaires de l'Union europĂ©enne, oĂč chaque pays est illustrĂ© de quelques Ă©lĂ©ments jugĂ©s emblĂ©matiques, affiche en Roumanie un ours, un petit Dracula et un flamant rose (oiseau introuvable dans ce pays, peut-ĂȘtre par confusion avec le pĂ©lican)[22].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents préparatoires à la rédaction du roman[modifier | modifier le code]

Éditions annotĂ©es du roman en langue anglaise[modifier | modifier le code]

  • (en) Bram Stoker, Dracula, Ă©dition par Nina Auerbach et David J. Skal, W. W. Norton & Company, coll. « Norton Critical Editions Â», 1997.
  • (en) Bram Stoker, Dracula Unearthed : Ă©dition par Clive Leatherdale, Westcliff-on-Sea, Desert Island Books, coll. Â« Desert Island Dracula Library Â», , 2e Ă©d. (1re Ă©d. 1998), 426 p. (ISBN 1-905328-14-1, prĂ©sentation en ligne).

Traductions françaises intégrales[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Le roman a été traduit en français à de nombreuses reprises[23],[24].

Écrit en 1897, il fallut cependant attendre l'annĂ©e 1920 pour voir paraitre la premiĂšre traduction française, passablement incomplĂšte, de Lucie Paul-Margueritte et Ève Paul-Margueritte, rĂ©Ă©ditĂ©e en 1924 et 1932[25], 1946, puis dans la revue Midi Minuit Fantastique en janvier 1963.

Entre 1946 et 1963, tout comme pour le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, il ne semble pas y avoir de nouvelles rééditions françaises, y compris pendant les cinq années qui suivirent le succÚs des films de la Hammer portant sur ces deux personnages mythiques, sortis en 1957 et 1958.

Il faut attendre l'année 1963, pour que paraisse la premiÚre traduction complÚte en français de Dracula, par Lucienne Molitor, publiée chez Marabout et rééditée de nombreuses fois par la suite.

Si l'on excepte les trois traductions parues dans les annĂ©es 1970, de Jean Arbuleau (Éditions CrĂ©mille/Famot), Michael Gayn (Éditions Walter Beckers), et Robert Zakovitch (Cercle europĂ©en du livre), jamais rĂ©Ă©ditĂ©es, seules se distinguent ensuite celle de Jacques FinnĂ©, parue en 1979, et celle de Jacques Sirgent, publiĂ©e en 2010.

En 2019, le roman bénéficie d'une nouvelle traduction dans le cadre de l'anthologie Dracula et autres écrits vampiriques. A cette occasion, il est augmentée d'une notice détaillée, et suivi de L'invité de Dracula. Les notices, notes de bas de page et nouvelle traduction sont signées par Alain Morvan. Cette anthologie marque l'entrée de Dracula (mais aussi du Carmilla de Le Fanu et du Vampire de Polidori) au sein de la BibliothÚque de la Pléiade (numéro 638)[26].

Chronologie[modifier | modifier le code]

1920 - Traduction de Lucie et Ève Paul-Margueritte[27]

  • 1920, L’Édition Française IllustrĂ©e, Collection "Romans Ă©trangers", 270 p. (notice BnF no FRBNF31409902)
  • 1924, Éditions G. CrĂšs, Collection littĂ©raire des romans Ă©trangers, 264 p.
  • 1932, Éditions Jules Tallandier, Collection "CinĂ©ma BibliothĂšque", avec des photos du film de Tod Browning, 96 p.
  • 1946, Éditions des Quatre-vents, Collection "Les MaĂźtres du fantastique", 343 p.
  • 1963, Midi Minuit Fantastique no 4-5, Paris, Le Terrain Vague, 172 p.

1963 - Traduction de Lucienne Molitor

  • 1963, Marabout no 182, 570 p. (rĂ©Ă©d. 1971, 1976, 1980, 1984, 1987, 1989), rĂ©Ă©d. 1993 : Marabout no 9000, rĂ©Ă©d. 2009 : collection "Marabout Fantastic"
  • 1967, Éditions Baudelaire, Collection "Livre Club des Champs-ÉlysĂ©es", 600 p.
  • 1968, Edito Service, Cercle du Bibliophile, collection "Chefs-d’ƒuvre du roman fantastique", illustrations de Christian Broutin, 525 p.
  • 1968, Opta, Collection "Aventures fantastiques" no 2, Illustrations de Philippe Druillet, Ă©dition limitĂ©e et numĂ©rotĂ©e (3700 ex), 413 p.
  • 1988, BibliothĂšque Verte Plus, no 1006, 535 p, dossier Ă©tabli par Jean-Claude Lullien, (ISBN 9782010134524)
  • 1989, Anthologie "Les EvadĂ©s des TĂ©nĂšbres", Robert Laffont, Collection " Bouquins", 1137 p, (ISBN 978-2221055793), rĂ©Ă©d. 2001, rĂ©Ă©d. 2010, (ISBN 978-2221115282)
  • 1992, France Loisirs, 546 p, (ISBN 2-7242-7042-8)
  • 1992, J'ai lu no 3402, 505 p, rĂ©Ă©d. 1994 et 1998, illustration de couverture de Frank Frazetta, rĂ©Ă©d. 2005, 2009, 2011.
  • 1997, Actes Sud, coll. "Babel, Les Fantastiques", no 268, couverture de John White Alexander, 520 p, (ISBN 978-2742712687), rĂ©Ă©d. 2001, 602 p, (ISBN 978-2742736423)

1971 - Traduction de Jean Arbuleau

  • 1971, Éditions de CrĂ©mille, Collection "Les Chefs-d’Ɠuvre du MystĂšre et du Fantastique", illustrations intĂ©rieures de Claude Selva, 338 p.
  • 1974, Éditions Famot, Collection "Les Chefs-d’Ɠuvre du MystĂšre et du Fantastique", illustrations intĂ©rieures de Claude Selva, 344 p.
  • 1978, Éditions Ferni, 334 p.

1974 - Traduction de Michael Gayn

  • 1974, Éditions Walter Beckers, Collection "CinĂ©-Club"
  • 1974, Éditions Walter Beckers, Collection du XXe siĂšcle"
  • 1975, Éditions Walter Beckers, Collection "Le Livre Rendez-Vous"

1975 - Traduction de Robert Zakovitch

  • 1975, Cercle europĂ©en du livre, Collection "Les chefs-d'Ɠuvre de la Science-Fiction et du Fantastique", suivi de la nouvelle La Squaw, dessins originaux de Nicolas Christensen, 455 p.

1979 - Traduction de Jacques Finné

2010 - Traduction de Jacques Sirgent

2019 - Traduction de Alain Morvan

Traductions françaises abrégées[modifier | modifier le code]

Il existe également des versions abrégées du texte de Bram Stoker, plus particuliÚrement destinées au jeune public.

Études[modifier | modifier le code]

Le comte Dracula rampant à la maniÚre d'un lézard le long du mur de son chùteau. Illustration de couverture de Holloway pour une édition britannique du roman de Bram Stoker (Londres, William Rider & Fils, 1919).
  • (en) « Film adaptations : a checklist Â», dans Bram Stoker, Dracula, New York / Londres, Norton and company, 1997, p. 404-407.
  • Florin Andreescu, La Roumanie, Vlad Țepeș et Dracula, Bucarest, Ad Libri, 1998.
  • Denis Buican, Les MĂ©tamorphoses de Dracula. L'histoire et la lĂ©gende, Paris, Le FĂ©lin, 1993.
  • Neagu Djuvara, De Vlad Țepeș Ă  Dracula le vampire, Bucarest, Humanitas, 1963.
  • Claude Fierobe (Ă©d.), Dracula : mythe et mĂ©tamorphoses, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. Â« Irlande Â», , 224 p. (ISBN 2-85939-931-3, prĂ©sentation en ligne).
  • Claude Fierobe (prĂ©f. Paul Brennan), De Melmoth Ă  Dracula : la littĂ©rature fantastique irlandaise au XIXe siĂšcle, Rennes, Terre de brume, coll. Â« Terres fantastiques Â», , 221 p. (ISBN 2-84362-092-9, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Radu Florescu, The Life and Times of the Historical Dracula, Boston College, 1988.
  • RenĂ© Gallet, « Dracula, le monstre et les savants : entre Darwin et Bunyan Â», LISA (LittĂ©rature, histoire des IdĂ©es, images et SociĂ©tĂ©s du monde Anglophone), Rennes, Presses universitaires de Rennes, vol. VII, no 3 « MĂ©langes en l'honneur de RenĂ© Gallet Â»,‎ , p. 503-551 (lire en ligne).
  • Jean Gattegno, « Folie, croyance et fantastique dans Dracula Â», LittĂ©rature, Paris, Éditions Larousse, no 8 « Le fantastique Â»,‎ , p. 72-83 (lire en ligne).
  • (en) Ken Gelder, Reading the Vampire, Routledge, coll. « Popular Fictions Series Â», 1994.
  • (en) David Glover, Vampires, Mummies, and Liberals : Bram Stoker and the Politics of Popular Fiction, Durham (Caroline du Nord) / Londres, Duke University Press, , X-212 p. (ISBN 0-8223-1798-2, prĂ©sentation en ligne).
  • Charles Grivel (dir.), Dracula : de la mort Ă  la vie, Paris, Éditions de l'Herne, coll. Â« Cahiers de l'Herne Â» (no 68), , 251 p. (ISBN 2-85197-078-X, prĂ©sentation en ligne).
  • (es) Andres Romero Jodar, « DrĂĄcula de Bram Stoker. Un estudio sobre la mente humana y elcomportamiento paranoide Â», Atlantis. Journal of the Spanish Association of Anglo-American Studies, 31.2, dĂ©cembre 2009, p. 23–39, lire en ligne.
  • Clive Leatherdale, Dracula : du mythe au rĂ©el [« Dracula : The Novel and The Legend. A Study of Bram Stoker's Gothic Masterpiece Â»], Paris, Dervy, coll. Â« BibliothĂšque de l'hermĂ©tisme Â», , 270 p. (ISBN 2-85076-801-4).
  • (en) Clive Leatherdale, The Origins of Dracula, Westcliff-on-Sea, Desert Island Books Limited, , 2e Ă©d. (1re Ă©d. 1987, William Kimber & Co Limited), 240 p. (ISBN 1-874287-07-4, prĂ©sentation en ligne).
  • GĂ©rard Lopez, Le vampirisme au quotidien, L'Esprit du Temps, 2001, (ISBN 9782913062702) (reparu sous le titre "Comment ne plus ĂȘtre victime", (ISBN 2847951725))
  • GĂ©rard Lopez, Anagrammes meurtriĂšres, Sydney Laurent, 2018, (ISBN 979-1032610329)
  • (en) Raymond McNally et Radu Florescu, In Search of Dracula, Houghton Mifflin, (ISBN 0-395-65783-0), p. 117.
    Traduction française : Raymond T. McNally et Florescu (trad. Paule et Raymond Olcina), À la recherche de Dracula : l'histoire, la lĂ©gende, le mythe [« In search of Dracula Â»], Paris, Robert Laffont, coll. Â« Les Ombres de l'histoire Â», , 267 p.
  • Jean Marigny, Le vampire dans la littĂ©rature du XXe siĂšcle, Paris, HonorĂ© Champion, coll. Â« BibliothĂšque de littĂ©rature gĂ©nĂ©rale et comparĂ©e Â» (no 38), , 383 p. (ISBN 2-7453-0818-1, prĂ©sentation en ligne).
  • Jean Marigny (dir.), Dracula, Paris, Autrement, coll. Â« Figures mythiques Â», , 165 p. (ISBN 2-86260-699-5)
  • Gilles Menegaldo (dir.) et Dominique SipiĂšre (dir.), Dracula : l'Ɠuvre de Bram Stoker et le film de Francis F. Coppola, Paris, Ellipses, , 379 p. (ISBN 2-7298-2533-9).
  • (en) Susan M. Cribb, « Â« If I had to write with a pen Â» : Readership and Bram Stoker's Diary Narrative Â», Journal of the Fantastic in the Arts, International Association for the Fantastic in the Arts, vol. 10, no 2 (38) « A Century of Draculas Â»,‎ , p. 133-141 (JSTOR 43308379).
  • (en) Katie Harse, « High Duty and Savage Delight : The Ambiguous Nature of Violence in Dracula Â», Journal of the Fantastic in the Arts, International Association for the Fantastic in the Arts, vol. 10, no 2 (38) « A Century of Draculas Â»,‎ , p. 115-123 (JSTOR 43308377).
  • (en) Elizabeth Miller, Reflections on Dracula : Ten Essays, White Rock (Colombie-Britannique), Transylvania Press, , II-226 p. (ISBN 1-55135-004-1, prĂ©sentation en ligne).
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Articles[modifier | modifier le code]

  • Corinne Vuillaume, Retour sur le mythe de Dracula in CĂ©dĂ©rom pĂ©dagogique Sleepy Hollow, CRDP de Nice, 2004.
  • Jean Marigny, Les Avatars de Dracula dans la littĂ©rature contemporaine, dans "Dracula : mythe et mĂ©tamorphose", Presses universitaires du Septentrion, 2005, p. 139-153.
  • Paul Aron, Les Sources belges de Dracula, Le carnet et les instants, 2013, no 178, p. 14-21.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. ↑ Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les oeuvres de jules verne: pref. de jean jules-verne., t. 1 : ƒuvres romanesques publiĂ©es, Paris, Societe Jules Verne, (1re Ă©d. 1977), 179 p. (OCLC 489882952) et (en) Mike Ashley, Vampires. Classic Tales, Courier Dover Publications, , 256 p. (ISBN 978-0486-4811-35, OCLC 694283204, lire en ligne).
  3. ↑ Matei Cazacu, Dracula, Tallandier, , 632 p. (ISBN 978-2-847-34143-0, OCLC 419602837, notice BnF no FRBNF39230159).
  4. ↑ LĂĄszlĂł TurĂłczi, Tragica historia in Ungaria suis cum regibus compendia data, Typis Academicis Soc. Jesu per Fridericum Gall. Anno MCCCXXIX. Mense Sepembri Die 8. p. 188-193, quoted by Farin
  5. ↑ https://www.linternaute.com/television/programme-tv/programme/1295466/la-princesse-vampire/
  6. ↑ (de) Hagen Schaub, Blutspuren: die Geschichte der Vampire, Leykam, , p. 205.
  7. ↑ (ro) Tudor Pamfile et Iordan Datcu, Mitologie romĂąneasca [« Mythologie roumaine Â»], București, Editura "Grai și Suflet - Cultura Naționala, coll. Â« CuminĆŁenia PămĂąntului Â», , 417 p. (ISBN 978-9-739-23266-1, OCLC 895723355).
  8. ↑ Juste retour des choses, l'enzyme salivaire de ces chauves-souris « vampires Â», qui leur permet de retarder la coagulation, a Ă©tĂ© baptisĂ©e « Draculine Â» par les scientifiques : voir A.Z. Fernandez, A. Tablante, F. Bartoli, S. BĂ©guin, H.C. Hemker et R. Apitz-Castro, Expression of biological activity of draculin, the anticoagulant factor from vampire bat saliva, is strictly dependent on the appropriate glycosylation of the native molecule dans Biochim Biophys Acta 1998;1425:291-9. PMID 9795244.
  9. ↑ RenĂ© Gallet, « Dracula, le monstre et les savants : entre Darwin et Bunyan Â», Revue LISA/LISA e-journal. LittĂ©ratures, Histoire des IdĂ©es, Images, SociĂ©tĂ©s du Monde Anglophone – Literature, History of Ideas, Images and Societies of the English-speaking World, no Vol. VII – n°3,‎ , p. 503–551 (ISSN 1762-6153, DOI 10.4000/lisa.142, lire en ligne, consultĂ© le 15 janvier 2017).
  10. ↑ Pour approfondir cette question, on peut se rĂ©fĂ©rer au d'Andres Romero Jodar de l'universitĂ© de Saragosse, "DrĂĄcula de Bram Stoker. Un estudio sobre la mente humana y elcomportamiento paranoide" in Atlantis. ATLANTIS. Journal of the Spanish Association of Anglo-American Studies . 31.2 (dĂ©cembre 2009): 23–39 - ISSN 0210-6124
  11. ↑ « RĂ©sumĂ© dĂ©taillĂ© de Dracula Â», sur dracula-stoker (consultĂ© le 15 janvier 2017).
  12. ↑ Claude Fierobe, Dracula, Presses Univ. Septentrion, (ISBN 9782859399313, lire en ligne).
  13. ↑ Károly Lajthay, Carl Goetz, Károly Hatvani et Anna Marie Hegener, Drakula halála, (lire en ligne).
  14. ↑ (en) Gary D Rhodes, Tod Browning's Dracula, Tomahawk P., (ISBN 9780956683458 et 0956683452), p. 382-389.
  15. ↑ Dracula de Bram Stoker, franceculture
  16. ↑ Le Comte Dracula et Frankenstein servis par l’élĂ©gance fantastique de Guido Crepax, Actua BD, 3 juin 2014
  17. ↑ Denis Buican - Les mĂ©tamorphoses de Dracula, Bucarest, Scripta, 1996.
  18. ↑ (ro) Neagu Djuvara et Radu Oltean, De la Vlad Țepeș la Dracula vampirul, Humanitas, (ISBN 9735004380, 9789735004385 et 9735005824).
  19. ↑ Emil Stoian - Vlad Țepeș - mythes et rĂ©alitĂ©s historiques, Bucarest, Albatros 2001
  20. ↑ Denis Buican - Dracula et ses avatars, Bucarest, Scripta, 1993.
  21. ↑ Radu Florescu - The Life and Times of the Historical Dracula, 1988, Boston College
  22. ↑ Florin Andreescu - La Roumanie, Vlad Țepeș et Dracula, Bucarest, Ad Libri, 1998 ; voir la carte sur [1]
  23. ↑ « Bram Stoker (1847 - 1912) (Page 1) / PanthĂ©on / Forums BDFI Â», sur forums.bdfi.net (consultĂ© le 15 janvier 2017).
  24. ↑ « dracula Â», sur mural.uv.es (consultĂ© le 15 janvier 2017).
  25. ↑ À la suite de la sortie du film Dracula de Tod Browning produit par Universal.
  26. ↑ Vladkergan, « Dracula, Carmilla et Ruthven... rejoignent la PlĂ©iade Â», sur Vampirisme.com (consultĂ© le 31 mai 2019)
  27. ↑ Cette premiùre traduction est cependant trùs incomplùte.

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